Sur le site d'In-Idbig à 12 km d'Abalak, la coopérative ANIAT constituée d'une vingtaine d'éleveurs, exploite une ferme de vaches depuis 2006.

Ce projet de ferme initié par MASNAT s'est concrétisé grâce au soutien financier d'adhérents et de leurs réseaux, et s'est développé avec le soutien financier des collectivités locales, d'une société industrielle française internationale et d'une association suisse AMAN IMAN FERME’SPOIR.

 Le lait de chamelle étant particulièrement apprécié pour son goût, la ferme a souhaité diversifier ses activités. Elle a donc accueilli des chamelles en plus des vaches.

Les deux activités sont implantées sur un terrain clôturé de 2500 hectares, concédé par l'Etat nigérien.

Dans cette zone, de tout temps, l'élevage a été l'activité dominante pour les populations locales (touarègues, peuhls et arabes).

 L’élevage d’animaux au sein d’une ferme constitue une activité économique (création d’emplois, contribution à la sécurité alimentaire) dès lors que l’on prend en compte les contraintes locales (géographie, climat, espèces animales, eau, pâturages.) et une gestion rigoureuse.

Pour la Ferme de l’Espoir, l’expérience a démontré que cette activité économique peut fonctionner dans un milieu aride et contribuer à l’amélioration du niveau de vie des coopérateurs.

En quelques années, la Ferme de l’Espoir est devenue pérenne et autonome.

Les trois objectifs initiaux de la Ferme de l’Espoir :

- assurer une production laitière pérenne et contribuer ainsi à la sécurité alimentaire de la population locale,

- améliorer la qualité de vie des coopérateurs, 

- créer des emplois dans la région.

Cette exploitation à vocation de production laitière est opérationnelle depuis plusieurs années. Aujourd’hui, elle est en capacité de faire face pendant une année au risque majeur encouru dans la région, la sécheresse, en utilisant les stocks existants et en gérant au mieux le format du cheptel composé de 120 têtes de bovins et de 80 chamelles et chamelons.

On compte environ 40 naissances de veaux par an.

En moyenne une trentaine d’animaux, ou plus selon les années, est réformée et vendue sur le marché local.

La production laitière atteint, en moyenne, 110 litres par jour pour le cheptel de vaches et environ 30 litres pour les chamelles. La fabrication de fromages est résiduelle, la transformation du lait ne s'opérant qu'en cas d'invendus.

L’exploitation de la ferme a permis la création de 17 emplois.

A l’intérieur de la ferme un système de parcellisation a été mis en place pour protéger les pâturages qui serviront en période de soudure. Ce système de protection des pâturages permet de réduire les dépenses concernant l’achat d’aliments complémentaires (son de blé, tourteau, graines de coton) qui aujourd’hui sont stockés dans deux magasins.

L'exploitation dispose, en continu, d'un approvisionnement en eau, grâce à un puits profond mécanisé de 96m et de 2 châteaux d'eau d’une capacité totale de 51 000 litres d'eau. Depuis l’été 2014, l’extraction de l’eau s’effectue grâce à l’énergie solaire.

 

Dans sa recherche de rationalisation des coûts, la Ferme de l’Espoir, grâce à la mise en place de l’exhaure solaire, envisage de commencer sous peu l’expérimentation de cultures fourragères (luzerne ou sorgo fourragé).

 

L’expérimentation de la reforestation avec des plants d'acacias, évoquée dans le chapitre « reboisement », participe à la sauvegarde des ressources nutritionnelles des camélidés.

 

Insémination artificielle :

Un test a été réalisé sur 45 vaches et malgré une période de soudure très difficile en 2014, il y a 25 à 30 % de réussite, ce qui n’est pas mal en termes de résultats.

Il est encore trop tôt pour tirer les conséquences de cette expérience, mais cette activité étant très technique, il n’est pas aisé de la mettre en œuvre dans le Sahel. En dehors de la périphérie de Niamey où il y a des techniciens disponibles dans ce domaine, cette expérimentation reste soumise à trop d’aléas.