L’EAU DANS LA RÉGION
DE L’AZAWAGH (Sahel nigérien)
ð La
pluviométrie
L’AZAWAGH
se situe dans le Sahel nigérien ; cette région est bordée :
§ au nord par l’Algérie ((le Hoggar),
§ à l’ouest par le Mali (Adragh n’Iforas)
§ à l’est par le massif de l’Aïr.
Le Sahel
se définit du point de vue pluviométrique par la quantité d’eau de pluie tombée
par an (« isohyet ») : il est généralement situé entre les isohyets 150 à 200
et 600 mm.
La
pluviométrie moyenne mesurée dans les dernières décennies à ABALAK est de
l’ordre de 250 mm. Avec ces chiffres on peut voir que l’Azawagh, situé au nord
d’Abalak, est vraiment aux portes du désert....
La
caractéristique de ces pluies est de se situer entre juin et septembre
uniquement (dans l’Azawagh en juillet et août). De plus les précipitations sont
orageuses, souvent violentes et parfois très localisées.
ð L’évaporation
C’est un élément essentiel du bilan hydrologique ; l’évaporation est évidemment fonction de la température, du vent et de l’humidité de l’air. On peut estimer que l’évaporation d’une surface d’eau libre est supérieure à 2 mètres/an dans la région d’Abalak. Ainsi une mare d’une profondeur de 60 cm perdra en 2 mois plus de la moitié uniquement par l’évaporation.

ð Les
disponibilités en eau
Selon la saison, on peut distinguer
plusieurs périodes :
§ pendant l’hivernage (juillet à septembre) et les quelques mois qui
suivent (de 2 à 6 mois selon les précipitations de l’année) c’est la mare qui
fournit l’eau aux hommes et aux animaux ;
§ de novembre-décembre à mars-avril, creusement de puisards et de
puits très peu profonds (moins de 10 mètres) ;
§ d’avril à début juillet, pour certaines localisations, creusement
de puits semi-profonds de 20 à 40 mètres pour atteindre les « nappes perchées »
(voir schéma ci-dessous) ;
§ d’avril à juillet, pour d’autres localisations et partout les
années de sécheresse, c’est la période de « soudure » : les hommes et les
animaux sont contraints de migrer vers des puits ou des forages qui captent les
eaux pérennes profondes (90 à 140 mètres dans l’Azawagh).
ð Les
besoins en eau
§ Le besoin du cheptel :
Il est variable
selon la saison fraîche et la saison chaude :
- bovin moyen (200 à 250 kg) :
20 à 30 litres par jour
- chameau (400kg) : 25 à 40 litres par jour
- mouton et chèvre (20 à 30 kg) :
3 à 5 litres par jour
§ Les besoins des hommes :
Si des valeurs de 10 litres/jour/habitant sont habituellement observées à l’intérieur des villages, nous avons pu constater dans les campements de la région une consommation probablement plus faible de l’ordre de 5 à 7 litres par jour : nous sommes bien loin des 20 litres par jour, considérés comme un minimum vital par les organisations humanitaires internationales.
(Extrait de
ISALAN N° 6 – Décembre 2002-)